Sharemanga: Du côté du Nihon - Sharemanga

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Du côté du Nihon

Longtemps je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine mon hublot fermé, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « 'Tain c'est quand même vachement pas confort l'avion. » Mais en fait ça s'est pas passé comme ça. J'ai pas réussi à fermer l'oeil de la nuit, ou de la journée, je sais pas, avec tous ces fuseaux horaires traversés on perd la notion du temps.

On dirait pas comme ça, mais voyager avec un passeport colombien c'est accablant, pénible et peut-être même chiant. Je descends de l'avion, je me dirige au guichet à gaijins où l'on m'enjoint de laisser les empreintes de mes deux index ainsi qu'une photo de mon visage. J'obtempère. Je me dis que ça pourrait être pire, il paraît qu'aux États-Unis tu dois laisser les empreintes de tes phalanges, orteils, iris, rétine, sexe, un prélèvement ADN et un examen coprologique.

Après avoir accepté de mon plein gré de figurer sur un fichier de sécurité nationale d'un pays industrialisé, je récupère ma valise et j'entreprends de trouver la sortie. Je m'arrête face à un agent de la douane qui me signifie dans un anglais à côté duquel le mien serait carrément opulent qu'il faut que je le suive. Je place ma valise sur son comptoir, elle commence à glisser ses mains au sein de mes menues possessions, elle pelote les moindres recoins de mon bagage avec un soin tout particulier qu'on dirait presque Oriental. Elle me demande quelle est la raison de ma visite au Japon tout en refermant la valise. Elle me montre une encyclopédie fort bien illustrée de tout ce qui se fait comme produit dopant, narcotisant, psychotropant, hallucinogène, alcaloîde, tous plus stupéfiants les uns que les autres. Elle me rend mon passeport en se répandant en moultes courbettes, sourires et formules d'excuses à base de particules de politesse que ma culture Occidentale est incapable d'apprécier à leur juste valeur.

Je croyais être arrivé au bout de mon calvaire, mais non. Au moment où je repose ma valise par terre, une espèce de sous-chef se ramène, me demande mon passeport, et s'empresse de passer un savon (d'Alep) à l'agent qui venait de me fouiller. Mais qu'est-ce qui te prend espèce de stagiaire, tu vois pas que c'est un passeport colombien, tu sais où ça se trouve au moins la Colombie ?! Enfin, un truc comme ça je suppose vu que je n'ai rien compris de ce qu'il disait.

Le sous-fifre gabelou me demande en Japonais si je comprends le Japonais, je suis surpris d'avoir compris la question mais malheureusement je ne suis pas en mesure de lui répondre dans son dialecte insulo-vernaculaire. Il me dit en Engrish de replacer la valise sur le comptoir. Je reprends ma valise, je la replace sur le comptoir, le sous-chef douanier sort avec une négligence toute particulière qu'on dirait presque Latine, mes chemises repassées avec soin, mes pantalons bien pliés pour éviter les pinces, mes slips, chaussettes, brosse à dents, déodorant et coupe ongles. Je dois ensuite vider mes bagages à main, livres, papiers, chéquier, pull, cardeséjour et carte bleue. J'enlève mon pardessus, je vide mes poches, j'enlève mes chaussures et ceinture. Il me demande avec une politesse toute feinte s'il a le droit de passer tous les trucs aux rayons X. Son regard me notifie que j'ai le droit de m'opposer mais que ça mènerait inéluctablement à une fouille plus poussée dans une chambre close dont je risque de ressortir avec un traumatisme postérieur. Je dis ouais de toute façon... Et puis accessoirement je vais te fouiller un peu quand même. Pas de problème.

Ah la sortie ! Je me sentais libéré, un peu comme Léon dans la scène finale du film éponyme (mais avec la balle dans le dos en moins). En sortant de là, je vais demander à l'accueil où se trouve le Limousine Bus qu'on m'avait dit qu'il emmène les gens du Kansai International Airport à JR Nara Eki pour la modique somme de 1800 yens. Je trouve, je paie, je vois qu'il ne part que dans une heure.

J'ai soif, je vois des distributeurs de boisson je m'en approche, je vois marqué "café" en Occidental sur certaines boissons, ça tombe bien j'aime pas le café, après je prends un truc au pif. C'est dégueulasse, je le bois quand même vu qu'il ne me reste plus de monnaie. Parce qu'à force de faire des ellipses j'ai oublié de vous dire que j'avais acheté une carte téléphonique avec un billet de 5000 yens que quelqu'un m'avait donné en France avant que je parte. Même passer un coup de fil c'est la galère dans ce bled, tout est en Japonais même le numéro gratuit pour appeler à l'étranger. Je réussis à comprendre malgré tout le mot "ID" que je compose en espérant ne pas devoir valider par #. Je compose alors le numéro que je désire appeler et je réveille mon interlocuteur en France à 3h du matin. Que d'aventures.

Je monte dans le bus. En attendant le départ je me demande dans mon for intérieur :

Citation

Bon sang de crème d'emplâtre à la graisse de hérisson, dans quel drôle d'endroit suis-je tombé ??!

(Ceci est un stratagème pitoyable, misérable, médiocre et lamentable afin que toi, ami lecteur, restes accrochés à ce récit passionnant dont le suspens devient insoutenablement léger et haletant).

つづく
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Commentaires

Courage !

(ceci est un mot d'encouragement pour un courageux sur cette section blog désertée ^_^ )
Je t'ai reconnu chichille et Hop !
Ahah comme quoi le passeport fait (hélas) tout.
Avec un passeport fr, même si t'as un look pas très col blanc, no souci. :P
Mais quand même, je n'aurais pas pensé qu'ils seraient si insistants.

Pour le téléphone, gros +1, c'est tout pas pratique !

Mais bon Nara c'est une chouette petite ville avec tous pleins de temples pour aller se ressourcer entre deux réunions. ;-)
Un Colombien qui n'aime pas le café ...
On aura tout vus XD
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